Le parchemin de Nyogtha

Aides de jeu, partage d'idées et scénarios sur le jeu de rôle dans un univers médiéval fantastique

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Posts Tagged ‘dés à jouer’

Ah des dés ou à D&D ?

Voici peu, mon fiston me montrait un des tee-shirt de la série « The Big Bang Théory ». Le tee-shirt en question comportait nos dés fétiches à 4-6-8-10-12 faces avec juste en dessous, une annotation que seuls les rolistes peuvent comprendre « Choose your weapon » (« choisi ton arme ») !

Dans notre entourage, les non initiés ne connaissent le dé que sous une seule forme : la forme cubique… sans savoir que cet objet millénaire n’a pas toujours eu cette forme quand on remonte le temps. C’est ainsi,  par exemple, que les osselets incarnaient des dés à 4 faces ou encore que des coquillages de l’Océan Indien servaient de dés à 2 faces (selon que le coquillage tombe ou non sur le côté fente)… Le dé cubique que nous connaissons tous aujourd’hui a mis beaucoup de temps à émerger ; le marquage numérique des 6 faces serait apparu à peu près en même temps que la monnaie… Quant à notre dé pyramidal à 4 faces, des exemplaires datant de 2600-2400 avant JC sont exposés au British Muséum à Londres.

Rien qu’une date comme 2600-2400 avant JC… pfffiou…. ça fait loin… n’est-ce pas ?!

En fait, l’invention est bien plus ancienne. Celle-ci est un peu disputée entre les Egyptiens et les Grecs … Côté Egyptien, on attribue l’invention des dés au dieu Thot, dieu de l’écriture, dieu des magiciens et  créateur des grimoires recelant de précieuses formules de guérison, dieu du temps qui « sépare les mois, les saisons, les années » et qui préside à l’astronomie, au calendrier. Côté  mythologie grecque, l’idée créative reviendrait à Palamède, héros de la guerre de Troie, qui inventa également l’alphabet, le jeu d’échec, …

Il semble qu’au départ l’usage des dés servait plutôt les pratiques divinatoires que le jeu lui même, en particulier sous la forme d’osselets. N’en concluez pas pour autant que votre MJ est un oracle, ce serait lui faire trop d’honneur… en plus, ce serait un oracle qui se joue trop souvent des résultats obtenus ! Heureusement, le temps a fait son oeuvre puisqu’à la fin du 12ème siècle, le dé est connu de la plupart des pays et n’est plus réservé à certaines classes de la société : tout le monde le connaît et peut l’utiliser ! Il règne en maître sur le JEU !

C’est ainsi qu’au 13ème siècle naît la corporation des « déciers », habilités à fabriquer /vendre leurs dés au sein des Cités. Des dés en bois, en os, en ivoire, en corne, en métal, … des dés chic ou pas chers… Les dés truqués (« plonmez » c’est à dire plombés, lestés, avec des marquages identiques sur plusieurs faces, frottés à la pierre d’aimant même, …) sont interdits, ils sont brûlés et le fabricant  est alors sous le coup d’une amende ! On voit même apparaître tout un tas d’écoles improvisées, des « sholae deciorum », où chacun peut apprendre les règles des différents jeux et même apprendre à tricher !

Et nos parties de jeu de rôle dans tout cela ?

Je ne sais pas pour vous… mais moi, j’ignorais qu’un métier dédié existait sur ce sujet… que des écoles fleurissaient partout dans les grandes villes… Du coup, je songe bien ajouter cet aspect original à ma prochaine description de cité médiévale ! On peut aussi sérieusement envisager d’enrichir la compétence « jouer » qui figure souvent dans le panel des talents de personnage (repérer un dé truqué, truquer soit même un dé, …). Une enquête peut aussi flirter avec la corporation des déciers, peut-être même faudra-t-il découvrir lequel d’entre eux n’est pas dans la légalité… Un décier pourrait également faire appel aux personnages pour obtenir une noble et rare matière afin de réaliser des dés d’exception ?

[Source : Histoire et Images Mediévales N°28 que je vous invite à lire !]

 Nyogtha

 

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